Les bonnes questions

« Sortir de la crise » est l’objectif déclaré des responsables politiques et économiques au Luxembourg (Tripartite), en Europe (Commission et Conseil des Ministres) et au plan mondial (G20). Ils essaient de trouver des réponses aux différentes questions qu’ils se posent. Vont-ils donner les bonnes réponses ? Nous l’espérons tous, car les conséquences de la crise sont graves. Mais il y a une préoccupation plus profonde : Ont-ils posé les bonnes questions ? Car nous le savons bien, il n’y a pas seulement de mauvaises réponses, il y a aussi de mauvaises questions ! Dans le contexte actuel de la crise, il faut malheureusement constater que les bonnes questions ne sont pas toujours posées : Quelles sont les causes profondes de cette crise ? Quels sont ces motifs qui enferment la plupart des citoyens dans la vaine poursuite d’un « bonheur » ramené à la maximisation du plaisir, de la puissance, de l’argent, du corps ou du confort ? A quoi bon cette maxime du « Travailler plus pour gagner plus », lorsque le niveau de vie atteint est satisfaisant ? Comment modérer les désirs matériels au-delà d’un certain seuil ? Comment donner une place plus digne et humaine aux exclus du système actuel ? Ces questions sur le style de vie et la justice et bien d’autres allant à l’essentiel sont souvent écartées.

Pendant le temps du Carême (principalement, mais pas exclusivement !) les chrétiens sont invités à la conversion. Une condition préalable pour que ce temps porte des fruits est que nous nous posions les bonnes questions sur « ce qui est à convertir ». A ce sujet, la démarche DESE (Discerner, envoyer, soutenir et évaluer) proposée par la CVX devrait aider les membres à se poser les bonnes questions tant au niveau individuel que communautaire. Discerner et évaluer sont aux deux extrémités de ce processus, mais ils sont bien liés. L’évaluation faite en toute liberté intérieure devrait déboucher sur les bonnes questions à se poser pour discerner le prochain pas à faire.

En matière de justice, le GIM (groupe ignatien sur la migration, Luxembourg) a soulevé de bonnes – mais difficiles - questions sur la relation entre migration et développement. Cette mise en relation est cruciale, mais audacieuse et peu explorée au plan international. La démarche « advocacy » proposée par la CVX mondiale est du même ordre.

Je vous souhaite que votre cheminement spirituel vous permette d’aller en profondeur pour vous aider à poser les bonnes questions – pour vous et pour notre communauté – afin de choisir la vie à la suite de Jésus Christ, mort et ressuscité.

Guy SCHULLER
14 juillet 2010
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