Consommer socialement responsable
Notes d’une présentation

La question du „style de vie simple“ nous occupe depuis un certain temps très concrètement au sein de la CVX LU. Il y a un an et demi nous avions réalisé un sondage auprès de nos membres et il en est ressorti qu’il y a une attention très large pour les questions de l’environnement (avec une concrétisation quasi générale pour le tri des ordures), mais en termes d’épargne éthique ou d’investissement éthique il semble y avoir encore un manque d’information.

L’objectif de cette présentation est de situer différents aspects de la question du style de vie simple et notamment celle de la consommation socialement responsable dans un contexte plus large et en particulier dans le circuit économique général.

Le XXIème siècle connaît trois grands problèmes interconnectés :

  • Changement climatique
  • Limitation des ressources
  • Inégale répartition des ressources et de la richesse

Ces problèmes constituent de réels défis et leur solution suppose un changement de mentalité. Une des conditions de changement serait de sortir de la logique du circuit économique actuel. Avant d’y arriver, rappelons d’abord schématiquement le fonctionnement actuel du circuit économique.

Circuit économique actuel

Toute question de consommation est déterminée respectivement par le marché et par les prix.
CHACUN recherche la “rentabilité“ !
Coûts de production = Aussi BAS que possible !!!
Salaire/revenu = Aussi ELEVE que possible !!!

Les aspects sociaux, environnementaux et éthiques ne sont guère considérés et intégrés dans les réflexions et décisions économiques. Ils sont (dé)légués à la politique et à la société civile (e. a. Caritas, Mouvement écologique, ONGs de développement, Fair Trade, Greenpeace).

C’est ici qu’il convient de changer !

Il faut inclure la responsabilité sociale, environnementale et éthique directement dans le circuit économique, pour éviter de devoir corriger certains comportements nocifs ou même de ne plus pouvoir les corriger. Cela pourrait aussi être quelquefois plus efficace d’un point de vue économique (cf. emballages ou état de l’eau).

Quelques questions à considérer au niveau du circuit économique

La production serait prioritairement à orienter en fonction des besoins de base de la population. Par ailleurs elle devrait être réalisée en accordant des salaires justes et en offrant les produits à des prix justes sur les marchés.

Ces différents aspects (parmi bien d’autres) sont un réel défi pour le producteur, le consommateur et le responsable politique.

a) Producteurs – Entreprises socialement responsables (Corporate Social Responsability) – au niveau national et global (Global Compact qui est un accord lancé par les Nations Unies et déjà signé par plus de 2 000 entreprises multinationales)

b) Etat – Ministère du développement durable + Commission nationale du développement durable + programme gouvernemental (consommation socialement responsable)

c) Citoyen – client – épargnant – salarié est appelé à prendre ses responsabilités !!!

Yes we can !!!

Le citoyen est appelé à interpeler les responsables politiques.

Le client a un pouvoir d’action sur le producteur. Ainsi, comme un nombre croissant de citoyens/clients sont intéressés par des produits « fair trade », cetains supermarchés les offrent maintenant dans leurs rayons (ce qui était encore impensable il y a 15 ans). Dans nos pays voisins aussi les questions du commerce équitable gagnent du terrain.

Mais il reste la question de savoir comment les citoyens et les clients sont informés sur les réalités sociales, environnementales et éthiques et comment ils peuvent affiner leur niveau d’information, de formation et d e motivation. Qui va le faire : les médias, la société civile ou la politique ? Ces questions restent ouvertes, mais elles sont cruciales ! Certaines concrétisations ne sont pas du tout institutionnalisées, comme p. ex les communes membres de l’Alliance pour le climat (« Klimabündnisgemengen ») (initiative de certaines ONGs)

Petits pas dans la vie quotidienne :

L’objectif de cette partie est d’esquisser certaines pistes pour réaliser de tout petits pas dans la vie concrète de chacun en procédant par étapes, mais en réalisant à chaque pas un « magis », chacun à son rythme.

a) Consommer socialement responsable

aktivement, de manière positive

  • Produits Fair Trade
  • Produits Bio
  • Produits issus d’un processus de production durable
  • Gestion économe/efficiente des ressources (Energie, eau ....) p. ex.. : Eteindre „Stand by“ , action « Autofasten ».

passivement, de manière négative (en renonçant – Boycott)
Renoncer à :

  • des produits polluants
  • des produits fabriqués par des enfants ;
  • des produits fabriqués dans le cadre de processus de production polluants ;
  • des „produits très bon marché“ (Mega Discount)

Comment faire le premier pas ? Comment s’y tenir ?

  • Devenir conscient – Pourquoi ne pas opter pour la méthode DESE ?
  • Se décider pendant une semaine pour une chose !
  • Se concentrer sur cette chose et garder une vigilance quotidienne !

Continuer à s’y exercer et par l’attention quotidienne réussir un changement de mentalité et d‘action. Cependant : Pas de perfectionnisme ! Patience, ... savoir supporter des contradictions, ... oser un nouveau départ !

Ensuite choisir un nouvel aspect ......

b) Epargner socialement responsable

  • Compte d’épargne alternatif/éthique (Etika – BCEE)
  • Fonds éthiques
  • Devenir actionnaire dans des sociétés/entreprises socialement responsables (ex. Naturata, Boutique Tiers Monde)

c) S’impliquer dans la société/politique

  • Stimuler la conscientisation (e.a. en devenant un multiplicateur par mon propre exemple)
  • Stimuler/soutenir des initiatives
  • Penser globalement/en réseau et contribuer à créer des réseaux
  • Déceler les contextes/interdépendances et les transmettre
  • Devenir un multiplicateur et rendre attentif au NOUS (à l’aspect communautaire).

d) En tant que chrétien, membre CVX

  • En référence à la Bible, à la doctrine sociale de l’Eglise et aux Principes Généraux de la CVX se confronter à la réalité sociale et discerner sur son propre agir, pour oser le prochain pas à faire – selon la dynamique ignatienne du „Magis“ !

Octobre 2009

Edith SCHULLER
Guy SCHULLER
1er mai 2010
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