Vivre la dynamique DESE en famille en partageant la responsabilité

Avertissement : « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. »

Claire et Thomas sont mariés depuis 17 ans et parents de trois enfants âgés entre 16 et12 ans. Ils habitent une maison qu’ils ont achetée dans un village il y a 10 ans, pour la restaurer au fur et à mesure en essayant de la mettre au diapason des normes écologiques. En effet, Thomas - qui aime depuis toujours travailler manuellement durant les heures de loisir que lui laisse son métier d’enseignant – a progressivement mis en œuvre, avec deux bons amis, les plans élaborés dans ce sens. Claire est infirmière, mais depuis la naissance du deuxième enfant elle a pris un congé d’éducation pour être plus disponible pour sa famille. Or, maintenant que « le petit dernier », Christian, va entrer au lycée (collège, en France), elle se pose la question de reprendre éventuellement une activité professionnelle. Cette idée ne la quitte plus : tantôt Claire est pleine de joie à l’idée de sortir du traintrain quotidien, de retrouver l’hôpital et de nouveaux collègues de travail, tantôt elle hésite et se demande comment elle va pouvoir encore gérer la famille, le ménage, son engagement en paroisse et ses cours de peinture en plus des heures de travail. Elle sent qu’elle a besoin de prendre du temps avec Thomas pour discerner son choix, afin que la décision s’inscrive dans leur projet de vie commun tel qu’ils l’avaient formulé en préparant leur mariage. Le couple décide de prendre trois jours de recul pour avoir le temps de faire le point sur leur manière de vivre leur vocation de couple, en espérant voir plus clair pour cette nouvelle étape.

Claire et Thomas réfléchissent, chacun de leur côté, sur les engagements actuels : les enfants, la vie professionnelle et associative, les parents qui ont de plus en plus souvent besoin d’eux, les relations à entretenir avec les voisins et amis etc. Ils partagent sur la manière dont ils vivent ces engagements personnels et communs et ils s’aperçoivent qu’imperceptiblement, ils se sont laissés submerger par les attentes des uns et des autres et par une tendance à répondre « présent » pour de nombreux services. Il leur paraît impossible d’ajouter encore ne serait-ce qu’un mi-temps à l’hôpital à ce rythme de vie trépidant. De plus, ils se rendent compte qu’ils ont fini par vivre une répartition des tâches assez rigoureuse, alors qu’au début de leur mariage, ils souhaitaient être responsables ensemble d’un maximum de choses. Il leur semble nécessaire de remettre de l’ordre dans tout cela.

Ils profitent d’une réunion en équipe CVX pour partager leur questionnement actuel et entendre les réactions et/ou interpellations de leurs coéquipiers qui les connaissent bien, en espérant qu’ils recevront des pistes supplémentaires pour leur prise de décision. L’équipe les invite à reconsidérer leurs activités aussi en fonction de leur santé (quelques pépins ces derniers mois !) et des besoins croissants de leurs parents, et à fixer leurs priorités de manière nouvelle - quitte à renoncer à certains engagements. Le couple présente aussi ses réflexions aux enfants pour les impliquer dans cette décision.

Après mûre réflexion et après avoir « porté toutes ces choses dans leur cœur », ils se mettent d’accord sur plusieurs points : pour que Claire puisse chercher un travail à temps partiel, Thomas demandera une réduction de tâche à son directeur pour la rentrée. Il s’engage à reprendre certaines tâches ménagères et à être davantage disponible pour ses enfants, tant pour les accompagner au niveau scolaire selon les besoins que pour les conduire à leurs entraînements de sport. Claire veut réduire son engagement en paroisse en se retirant de l’équipe de préparation aux sacrements, car les nombreuses réunions sont trop prenantes en temps et en énergie. Elle retrouve la paix intérieure : elle sait que, dans ces conditions, elle peut envisager de reprendre un travail à temps partiel et qu’elle pourra compter sur le soutien de Thomas. Les enfants, quant à eux, acceptent d’être plus fidèles dans l’exécution des tâches qu’ils assument à la maison et au jardin. Par ailleurs, la voisine qui est devenue une bonne amie – mise au courant du projet – est d’accord de « dépanner » si besoin en est.

C’est donc d’un commun accord et pleins de confiance que Claire et Thomas entreprennent les démarches concernant leur vie professionnelle respective. Ils ont le sentiment d’une démarche commune, librement décidée, qui représente un nouveau tournant dans leur vie de couple et de famille et qui est porteuse de plus de vie pour tous (envoi).

Claire et Thomas se fixent un délai pour une première évaluation : une année scolaire semble un bon laps de temps pour vérifier si le nouveau rythme convient à chacun et à la famille.

Edith SCHULLER
14 septembre 2009
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