Projets 161
Journée Mondiale de la CVX 2015 — Famille

“La mère de Jésus était là.
Jésus aussi avait été invité au mariage avec ses disciples.” Jean 2, 1-2.

Chers amis, chères amies dans le Seigneur – Chère famille CVX mondiale,

L’ExCo mondial vous adresse ses chaleureuses salutations.

A l’occasion de l’année de prière et de réflexion consacrée à la famille, entre le synode extraordinaire d’octobre 2014 et le synode ordinaire d’octobre 2015, nous célébrons la journée mondiale CVX avec Marie, en concentrant nos pensées de gratitude, d’ouverture et d’émerveillement sur la famille, sur les familles, qui sont à la fois un cadeau et une invitation pour nos vies.

La CVX est active de bien des manières dans le champ de mission que constitue la famille, tout d’abord par notre qualité de membres d’une famille. Tous, nous sommes d’une manière ou d’une autre concernés et impliqués dans la promotion de meilleures conditions pour les familles, partout dans le monde. Un nombre significatif de nos membres sont engagés personnellement dans l’étude ou d’autres ministères destinés à identifier, affronter et dépasser les défis et les difficultés auxquels la famille est confrontée de nos jours, en vue d’une vie plus accomplie pour tous. Nous sommes reconnaissants pour ce formidable cadeau, ainsi que pour l’invitation à approfondir notre engagement avec et au service de la famille, tant au niveau local qu’au plan universel.

Réunis en tant que communauté mondiale à Beyrouth, nous avons formulé en quelques mots simples deux axes prioritaires pour notre appel à servir la famille, à savoir :

• Faire preuve d’ouverture, de compassion, de respect et de sensibilité envers les diverses réalités familiales de certains ;
• Créer des processus de formation pour couples et familles, en collaboration avec d’autres.

Or, ces deux axes sont très exigeants ; ils appellent aussi bien des réponses urgentes et ponctuelles que des plans d’actions à long-terme.

Célébration

1. Nous avons bien des raisons de célébrer ce que le Seigneur a fait avec nous et pour nous au sein de notre propre famille. Conscients de ce qu’elle fait partie des espaces premiers et prioritaires où Dieu nous envoie en mission, le partage de nos expériences joyeuses peut nous ouvrir à un émerveillement toujours plus grand face à l’action de Dieu dans nos familles. Nous recevons comme un don de Dieu notre propre famille et ceux qui nous sont chers. Célébrons cette réalité et faisons grandir l’amour que nous leur portons. Il y a bien des choses à partager à cet égard, dans un esprit d’humilité, d’ouverture et de gratitude.

2. Nous pouvons nous réjouir des nombreuses et merveilleuses réponses que la CVX apporte à l’appel de la famille, que ce soit au niveau local, national et partout dans le monde. De nombreux membres de la CVX sont également engagés au service de familles au-delà de la leur. Dans certaines communautés, nous accueillons et sommes le cas échéant au service de personnes qui vivent des réalités familiales autres. Célébrons le privilège d’être envoyés en mission à cette frontière. Une fois encore, nous invitons nos communautés à partager les expériences heureuses de mission auprès des réalités familiales diverses, dans un esprit d’ouverture, de gratitude et de disponibilité croissante au mouvement de l’Esprit de Dieu.

Dans tous nos pays d’origine, nous sommes conscients de la nécessité de prêter attention aux formes moins traditionnelles de la famille, même si les réalités diffèrent d’un pays à l’autre. Ces familles font l’expérience de vivre aux confins de nos communautés de foi ; or, elles n’en sont pas moins aimées par notre Seigneur, qui désire attirer tous les hommes et toutes les femmes jusqu’au cœur de son cœur, où l’amour de Dieu est offert totalement (Matthieu 23, 37). Certains de nos membres vont aux frontières et cultive le courage de prendre soin. Ce souci a débouché sur une réflexion sérieuse avec des familles non traditionnelles ou leurs membres, permettant de tirer parti de la sagesse issue de leur expérience concrète, du mystère pascal vécu dans leur mission au quotidien. De nombreux Chrétiens vivant au sein de familles non traditionnelles livrent un témoignage de l’amour de l’Eglise, alors même que beaucoup parmi eux ressentent que l’Eglise n’a pas été en mesure de les soutenir ou simplement d’être à leurs côtés. Sommes-nous disposés à célébrer ces signes de l’action de l’Esprit ?

3. Nous grandissons dans la prise de conscience et la compréhension de la nécessité de développer et de partager des outils pour soutenir les membres des familles dans des situations diverses, ainsi que les personnes qui leur sont chères. Dans certains pays, nous avons développé une forte tradition de mission au service des familles et nous disposons de ressources susceptibles d’être partagées avec la communauté mondiale.

4. A présent, nous ressentons un appel, avec toute l’Eglise, pour nous poser la question de savoir ce que nous pouvons faire de plus dans ce domaine privilégié.

Défis

1. Aucune de nos propres réalités familiales n’est parfaite. En effet, toutes nos familles cheminent avec de nombreuses imperfections. Nous avons tous besoin de la compassion et de la délicatesse auxquelles nous appellent les recommandations du Liban. Certains d’entre nous font l’expérience de la solitude, de la déception et parfois d’une forme d’exclusion en raison de certaines dimensions de leur situation familiale. Chacun de nous peut se poser ces questions : Suis-je conscient de cette réalité ? Est-ce que j’accepte la fragilité et les fêlures qui influencent ma manière de vivre en famille et avec ma famille ? Comment puis-je apprendre à parler et à partager à propos d’une telle vulnérabilité ?

Dans nos partages sur la famille, il s’agit de prendre conscience de la nécessité de grandir dans un esprit de compagnonnage et de compassion face aux difficultés qui se présentent à nous. Quel est notre degré de préparation, en tant qu’individus et en tant que communautés, pour échanger au sujet des expériences de désenchantement ? Comment pourrions-nous développer des compétences pour vivre avec et échanger à propos des désillusions vécues au sein de nos familles et communautés ?

2. De nombreuses familles ou leurs membres ne sont pas en mesure de demeurer dans leur communauté de foi alors ou après qu’ils ont fait l’expérience de ce qui est perçu comme un échec, peut-être parce que nous avons subtilement mis l’échec « hors-la-loi » dans nos conversations, spécialement quand il est question de mariage et de famille. Il se peut que nous ayons une approche « triomphaliste » de la famille dans nos communautés, ce qui n’est pas de nature à accueillir et soutenir ceux qui sont en difficulté, ni ceux qui ont une forme de vie familiale que nous ne comprenons, que nous n’approuvons ou que nous ne partageons pas. Il se peut que nous ayons besoin d’installer des filets de sécurité pour ceux qui sont différents, ceux dont les expériences peuvent être considérées comme des « échecs ». Marie, notre mère et modèle, peut instruire nos cœurs et notre communauté quant à la manière d’inviter auprès du Seigneur ceux qui « n’ont pas de vin », la manière de remplir leurs jarres en préparation de l’action de Dieu pour eux.

3. La discussion au sujet des familles – quel que soit leur type ou réalité – appartient aux conversations de famille. Si nous séparons nos partages au sujet des formes non traditionnelles de familles de celles relatives à la famille traditionnelle, nous courons le risque de perdre la perspective. Si les discours sur la famille traditionnelle ignorent les expériences familiales non traditionnelles, ils s’excluent d’un tout. Or, en tant que laïcs, nous vivons notre vocation dans la réalité, concrète. Quand nous parlons de familles, nous évoquons des personnes et leurs expériences, leur besoin d’amour et d’appartenance.

4. Tandis que nous nous ouvrons plus en profondeur, il se peut que nous découvrions des choses oubliées voire même négligées. Dans nos quartiers, dans nos pays, il y a des familles qui n’ont pas accès à une vie pleine, aussi bien dans notre société en général que dans nos communautés de foi, en raison de barrières que nous n’avons pas cherché à abattre. Or, il peut s’agir de familles très proches de nous.

Courage

  • Qu’avons-nous fait pour le Christ au sein de la famille ?
  • Que faisons-nous pour le Christ au sein de la famille ?
  • Qu’allons-nous faire pour le Christ au sein de la famille ?

Durant cette année, le Pape nous a invités à nous engager avec nos Eglises locales dans un dialogue au sujet des 62 paragraphes rédigés par le synode extraordinaire, en route vers le synode ordinaire, avec l’espoir chevillé au cœur qu’en tant qu’Eglise, nous trouverons des attitudes pastorales et des orientations plus miséricordieuses et porteuses de vie envers toutes les familles. Nous invitons la communauté mondiale à se joindre à ce pèlerinage avec l’Eglise universelle, collaborant aux initiatives et efforts des autres communautés ecclésiales, apportant en offrande nos outils ignatiens dans le discernement des dons de Dieu à la famille de notre temps, et profitant de la richesse des autres autant que possible. Avec Marie, comme aux noces de Cana, nous pouvons lire de manière priante en communauté les lineamenta pour le synode de 2015 [1] , et choisir avec soin ceux qui appellent une contribution de notre part, « remplissant les jarres » dans un esprit de générosité et d’ouverture à l’action de Dieu. Comme Marie (Luc 2, 19), [cherchons] “avec un vrai discernement spirituel, (…) des solutions concrètes aux nombreuses difficultés et innombrables défis que les familles doivent affronter ; à apporter des réponses aux nombreux découragements qui assiègent et étouffent les familles ». [2] Nous pouvons apporter notre contribution au travers des procédures de notre Eglise locale. Nous vous encourageons également à rassembler vos expériences, idées et suggestions en tant que communautés locales ou nationales, et à les envoyer au secrétariat mondial de la CVX. L’ExCo mondial a mandaté une commission de travail sur la famille ; cette commission trouvera les moyens pour faire percoler vos apports dans le processus du synode. Nous pourrons également en faire usage pour les travaux à venir en lien avec la frontière de la famille, en tant que communauté pèlerine en mission, cherchant les voies de Dieu dans le dédale des réalités diverses.

Il est vrai que nous n’avons pas réponse à tout ; Jésus nous demande d’être présent et de demeurer avec Lui dans l’obscurité de nos manquements. Comme le dit le pape François [3] , “l’Esprit nous donne la sagesse qui va au-delà de la science, pour travailler généreusement avec vraie liberté et humble créativité”.

Notre rôle dans la mission est avant tout d’aimer et d’écouter activement. Les familles de toutes sortes sont en mesure de parler en nom propre et de partager leurs expériences. Lorsque nous écoutons, leur expérience devient un chemin vers la vérité et la rédemption, pour eux tout autant que pour nous-mêmes. « Nous demandons tout d’abord à l’Esprit Saint (…) le don de l’écoute : écoute de Dieu jusqu’à entendre avec Lui le cri du peuple ; écoute du peuple, jusqu’à y respirer la volonté à laquelle Dieu nous appelle” [4]

Que telle soit la disposition de nos cœurs. Qu’elle nous aide à approfondir notre amour et notre service pour tous types de familles dans notre communauté locale, nationale et la communauté de toute l’humanité.

Unis dans la prière et le service,

Edel Churu (Vice Presidente),
Denis Dobblestein (Consultor)
Avec le Conseil Exécutif Mondial de la CVX

décembre 2014
Original en anglais

[2Pape François. 18 octobre 2014. Discours de clôture du synode extraordinaire sur la famille.

[3Pape François. 5 octobre 2014. Homélie lors de la messe d’ouverture du synode extraordinaire des évêques sur la famille.

[4Pape François. 4 octobre 2014. His address during the prayer vigil leading to the Extraordinary Synod of Bishops on the Family.

Denis DOBBELSTEIN -

membre de l’Exco mondial depuis l’assemblée mondiale Liban 2013

Edel CHURU -

conseillère de l’Exco mondial depuis Fatima 2008, vice-présidente de la CVX mondiale depuis Liban 2013

18 janvier 2015
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