Une manière de lire ignatienne

La lecture d’un texte, d’un livre, d’une lettre, d’un journal etc. peut être un « exercice spirituel » selon la manière dont nous nous y prenons. La spiritualité ignatienne nous invite à « chercher et trouver Dieu en toutes choses » - donc aussi à travers nos lectures.
La lecture « spirituelle » ouvre ma pensée et mon cœur ; elle interpelle, élargit, nourrit et approfondit ma perception de la réalité et de mon vécu et me fait avancer sur mon chemin de foi et dans ma relation à Dieu. Alors : comment lire pour que mon âme en tire profit ?

Je choisis ce que je veux lire : selon mon goût ou mon désir, ou en fonction de ce dont j’ai besoin en ce moment.
Je cherche un endroit calme et une position commode qui me semblent aidants et bienfaisants.
Je détermine le temps que je souhaite consacrer à cette lecture aujourd’hui.

Je me dispose intérieurement : je me rappelle que Dieu est avec moi. Dieu est présent ; je me rends présent à Dieu.

Je lis le texte choisi lentement.
Un crayon à la main, je peux mieux repérer ce qui me frappe ; je marque le texte de quelques symboles tels que :

 ? ce qui me pose question
 ! ce qui est important, ce qui s’est éclairé pour moi
i ce qui m’interpelle, me met en question ou me donne une impulsion
= ce qui correspond à mon expérience
=> ce qui me touche
>< ce qui me heurte, mon désaccord
... ce à quoi j’aimerais m’attarder, réfléchir encore...

Il va de soi que chacun peut inventer ses propres symboles !

Je lis et relis. Je m’arrête et je continue. Je n’ai pas de hâte. Je prends le temps de voir, d’entendre, de goûter, d’être touché, jusqu’à pouvoir recueillir ce qui m’est adressé.

Après la lecture, pour tirer davantage profit de l’un ou l’autre passage, je peux :

  • copier (ou calligraphier) un mot, une phrase, un paragraphe ;
  • revenir là où j’ai trouvé du goût ;
  • méditer une partie qui m’a beaucoup plu, qui m’a particulièrement interpellé ou touché ;
  • me demander en quoi cet extrait rejoint ma vie, mes questionnements du moment ;
  • prendre un temps de prière explicite à partir de cela.

Ou encore : je peux me poser les questions « ignatiennes » :

  • Qu’est-ce qui m’a le plus touché ?
  • En quoi ce que j’ai lu rejoint-il ma vie ?
  • Comment puis-je intégrer (mettre en oeuvre) dans ma vie quotidienne ce qui m’est apparu comme important ?

Il est aussi profitable de partager avec quelqu’un une découverte, un fruit de ma lecture.

Parmi toutes ces propositions, je choisis ce qui m’aide « davantage » à progresser.

Edith SCHULLER
3 juillet 2005
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